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lundi 26 avril 2010

au-delà du Principe de violence : de la théorie des pulsions, au désir mimétique

La violencia no! : au-delà du Principe de violence : de la théorie des pulsions, au désir mimétique

Article publié par Patrick Pouyaud, traduit en espagnol par Margarita ( qu'elle en soit remerciée ) pour ses amis colombiens.

vendredi 19 février 2010

Malcom X et les impasses de la violence

Extrait Vidéo de L'INA à propos de Malcom X



Après l'assassinat de Malcolm X, (1965) Martin Luther King  parla d'une « déplorable tragédie » et, malgré leurs idées parfois divergentes, reconnu Malcolm comme « un des espoirs les plus radieux d'Harlem » et « un afro-américain brave et valeureux, à jamais invaincu »
Je ne souhaite pas ici forcer les contradictions mais - autant que faire se peut - analyser et montrer en quoi la violence dans ces moments cruciaux de l'histoire de la communauté noire américaine fut une impasse...PP

                   ci-dessous : MLK et Malcom X


Biographie extraits (source Wikipédia avec liens  réajustés) 

Malcolm X (19 mai 1925 - 21 février 1965), né Malcolm Little, également connu sous le nom de El-Hajj Malek El-Shabazz (الحاجّ مالك الشباز‎ en arabe) , est un prêcheur musulman afro-américain, orateur et militant des Droits de l'homme. Aux yeux de ses admirateurs, il est un défenseur courageux des droits afro-américains ayant mis en accusation les États-Unis pour ses crimes envers la communauté noire. En revanche, ses détracteurs l'accusent d'avoir prêché le racisme le suprémacisme noir et la violence Il a été de nombreuses fois décrit comme l'un des plus grands et des plus influents Afro-Américains de l'Histoire.
Malcolm naît à Omaha dans le Nebraska Alors qu'il est âgé de treize ans, son père meurt, puis sa mère est transférée en hôpital psychiatrique. Son enfance, comprenant l'éducation de son père axée sur la fierté noire, et ses propres expériences sur le sujet, ont joué une influence très importante tout au long de sa vie. Après avoir vécu dans de nombreuses familles adoptives, Malcolm rentre dans le milieu criminel de Boston et de New York. En 1946, il est condamné à dix ans de prison.
Pendant son enfermement, il devient membre de Nation of Islam. Après sa mise en liberté conditionnelle en 1952, il devient l'un des leaders et porte-parole du groupe; pendant presque une douzaine d'années, il représente publiquement Nation of Islam. Les tensions entre Malcolm X et Elijah Muhammad, chef de Nation of Islam, l'amènent à quitter l'organisation en mars 1964.
Il fonde Muslim Mosque, Inc., une organisation religieuse ainsi que l'Organization of Afro-American Unity. Suite à un pèlerinage à La Mecque cette même année, il devient sunnite et désavoue publiquement le racisme; il se rend également dans divers pays d'Afrique et du Moyen-Orient. Moins d'un an plus tard, le premier jour de la National Brotherhood Week (semaine nationale de la fraternité), il est assassiné à New York. Trois membres de Nation of Islam sont condamnés pour ce crime (l'un d'eux ayant avoué).

mercredi 10 février 2010

Iran: vers une révolution non-violente ?


Après la chute du Chah, une seconde révolution

 est-elle en gestation?

Delphine Minoui ( source LE TEMPS MONDE )

Mir Hossein Moussavi, leader de l’opposition iranienne. (Keystone)

Alors que la République islamique d’Iran souffle ses 31 bougies, une crise politique sans précédent traverse le pays depuis maintenant sept mois. Retour avec le sociologue Amir Nikpey sur ce «mouvement vert», né de la victoire contestée de Mahmoud Ahmadinejad
L’ Iranien Amir Nikpey, chercheur-enseignant à l’université Shahid Behechti de Téhéran, et co-auteur, avec Farhad Khosrokhavar, de «Avoir vingt ans au pays des ayatollahs» revient sur la détermination de l’opposition iranienne, alors que plusieurs manifestations de grande ampleur sont attendues demain, à l’occasion du 31e anniversaire de la République islamique.
Le Temps: 31 ans après la chute du Chah, une seconde révolution est-elle en gestation? 
Amir Nikpey: Le contexte est différent. La plupart des opposants d’aujourd’hui ne tiennent pas de discours révolutionnaires. Ils rejettent en bloc la violence. Leur mouvement est pacifique. Il est enraciné dans la société civile: les jeunes, les femmes, les minorités sociales et ethniques… A l’époque, les différents groupes politiques – des partisans de l’ayatollah Khomeiny aux fedayins de gauche en passant par les moudjahidin du peuple – étaient beaucoup plus radicaux. Certains étaient armés. Aujourd’hui, les revendications se basent sur des concepts de justice, d’égalité, de non-violence. Elles ne sont pas nouvelles mais l’élection de juin dernier, considérée comme frauduleuse, les a propulsé sur le devant de la scène. Pour l’heure, la très grande majorité des Iraniens de l’intérieur aspirent à des réformes, pas à un renversement du système.
– Avec le renforcement de la répression, on assiste pourtant à une radicalisation de l’opposition? 

- S’il vise à museler l’opposition, le recours à la force s’avère contre-productif. Ainsi, l’exécution récente de deux jeunes opposants n’a fait que galvaniser les protestataires, qui ont appelé à une importante mobilisation, ce 11 février. Lors des dernières grandes manifestations de l’Ashoura, le 27 décembre, un nouveau cap, il est vrai, a été franchi. L’usage de la brutalité par le pouvoir, et la mort de plusieurs manifestants, a poussé certains protestataires à basculer dans la violence. Non par choix, mais par réaction. Ainsi, c’est parce qu’ils ont été provoqués que des manifestants se sont mis à saccager des postes de police. Plus le pouvoir se durcira, plus le risque d’un embrasement est élevé.

dimanche 3 janvier 2010

Marche à Tel-Aviv contre le blocus de Gaza




03.01.2010 11:12
Les manifestants ont appelé à la levée du siège de Gaza et dénoncé les crimes de guerre israéliens. [Keystone]
Plusieurs centaines de militants pacifistes israéliens, arabes et juifs ont défilé samedi dans le centre de Tel-Aviv pour protester contre le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza. Les manifestants -plus de mille selon les organisateurs- ont scandé "liberté et justice pour Gaza".
Les militants ont défilé à l'occasion du 1er anniversaire de l'offensive dévastatrice lancée par l'armée israélienne du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 contre le mouvement palestinien Hamas qui contrôle la bande de Gaza.

Ils ont fustigé cette offensive, appelé à la "levée du siège" de Gaza, et dénoncé "les crimes de guerre" israéliens. Ils brandissaient des banderoles avec l'inscription: "1400 morts et personne qui en prend la responsabilité", en référence aux Palestiniens tués, dont des centaines de civils. Jeudi, des militants anti-blocus avaient déjà manifesté des deux côtés de la frontière entre Israël et la bande de Gaza.

Soutien d'Ismaïl Haniyeh

A cette occasion, le député arabe israélien Taleb A-Sana a diffusé du côté israélien de la clôture par téléphone mobile, un message verbal du Premier ministre du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, soutenant la manifestation. Ismaïl Haniyeh y a affirmé que le Hamas était "devenu plus fort" et répété que "le peuple palestinien ne renoncerait jamais à Jérusalem".

Des députés d'extrême-droite ont ensuite réclamé publiquement la levée de l'immunité parlementaire du député arabe et des poursuites judiciaires à son encontre pour "contacts avec l'ennemi".

Le 27 décembre 2008, Israël avait déclenché l'offensive militaire "plomb durci" de 22 jours qui a fait plus de 1400 morts côté palestinien et 13 côté israélien, et qui était censée faire cesser les tirs de roquettes contre son territoire. La bande de Gaza est soumise à un blocus par Israël, renforcé depuis la prise de pouvoir du Hamas dans ce territoire en juin 2007 après un coup de force contre l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

afp/cht

Greenpeace campagne d'affichage

I’m sorry, we could have stopped catastrophic climate change
Posted by Marc | 3-12-2009 22:58
Photo’s below: Greenpeace/Åslund
I'm sorry, we could have stopped catastrophic climate change… We didn't
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I'm sorry, we could have stopped catastrophic climate change… We didn't



mercredi 30 décembre 2009

Diaporama Marche pour Gaza


source : http://degrenobleagaza.over-blog.com/

Pour Gaza: les marcheurs refusent la division

NON LES MARCHEURS NON PAS ACCEPTE L'OFFRE DES AUTORITES EGYPTIENNES

Un communiqué AFP ce matin annonçait qu'une délégation de 100 personnes seraient autorisées par l'Egypte à entrer dans Gaza. Une offre qui n'a pas été approuvée par les Marcheurs de la Liberté pour Gaza, tel que nous le rapporte ce communiqué du groupe français aujourd'hui.

Le Caire, 30 décembre 2009
Très tôt ce matin, la rumeur a commencé à circuler de duvet en duvet selon laquelle 100 personnes de la Gaza Freedom March allaient embarquer dans un bus en direction de Rafah, après en avoir reçu l'autorisation de la part des autorités égyptiennes. L'étonnement était d'autant plus grand que personne ici n'était au courant du deal en question.
Dans la matinée, lors d'une réunion collective de notre groupe, nous avons appris que les autorités égyptiennes avaient fait cette proposition hier soir aux coordinateurs de l'ONG CodePink, à l'origine de l'initiative de la Marche pour Gaza. Ils disposaient d'un temps minime pour contacter les coordinateurs de toutes les autres délégations internationales représentant la Marche et présentes au Caire, censées donner leur réponse quasi immédiatement. Notre groupe de 300 français se voyait généreusement offrir une place dans les bus (logique vu notre faible cote de popularité auprès des autorités égyptiennes). Quant à la délégation des 100 personnes retenues, elle devait renoncer à son nom de Gaza Freedom pour "CodePink".
Les délégations ont immédiatement répondu négativement à cette offre visant à diviser les Marcheurs et à permettre à Moubarak et son gouvernement de sauver la face en proclamant que participants à la Marche avait obtenu gain de cause ! Les responsables de la Marche vivant sur place à Gaza ont d'ailleurs demandé aux marcheurs de ne pas céder à cette offre, n'ayant que faire d'une énième délégation venant leur rendre visite. L'objectif de la Gaza Freedom March est de demander la levée du blocus imposé aux habitants de Gaza, pas de permettre au gouvernement égyptien de laisser croire à sa "générosité" en autorisant une pincée de Marcheurs à se rendre sur place.
Au petit matin, une quarantaine d'Américains mécontents de la décision prise par leurs coordinateurs sont montés à bord des bus en partance pour décourager les personnes retenues de partir. Sur 100 personnes, 60 environ ont entendu leurs arguments et décidé de descendre du bus.
Au final, un bus est parti avec une quarantaine de personnes mais à titre individuel. En effet, l'ONG CodePink a présenté ses excuseS ce matin aux autres délégations internationales, estimant qu'elle avait fait une erreur en acceptant cette offre dans la précipitation. Un de ses représentants a pris la parole lors de notre réunion de ce matin pour nous annoncer que Codepink avait rejeté l'offre et restait soudée à l'ensemble des participants à la Marche.
Alors que les espoirs d'entrer dans Gaza se sont envolés, vu le peu de temps restant aux Marcheurs, l'envie de poursuivre les actions jusqu'au dernier moment est intacte. Aujourd'hui, un drapeau palestinien a été déployé sur la grande Pyramide de Kheops, et une vingtaine de marcheurs ont couru un "mini marathon" dans les rues du Caire portant tous le T-shirt vert "Palestine Vaincra" (recto, "Boycott Israël" (verso).
D'autres actions sont prévues mais ne peuvent être annoncées à l'avance, afin de ne pas compromettre leur chance de réussite, les Marcheurs étant tous surveillés de près.
Par Leïla Shahshahani source : http://degrenobleagaza.over-blog.com/

mardi 29 décembre 2009

Marche Gaza : H.Epstein grève de la faim au Caire

mardi 29 décembre 2009
Communiqué de l’AFP du 28 décembre 2009, à propos de la grève de la faim démarrée au Caire par Hedy Epstein et une centaine des marcheurs américains.
Une survivante de l’Holocauste organise une grève de la faim pour Gaza

Une survivante de l’Holocauste âgée de 85 ans se trouvait dans le groupe de grands-mères qui ont entamé une grève de la faim au Caire lundi dernier pour protester contre le refus de l’Egypte d’autoriser la marche en solidarité avec Gaza à se poursuivre.
Hedy Epstein, une militante américaine, et d’autres grands-mères qui participent à la Marche pour la Liberté de Gaza ont entamé une grève de la faim à 10h (GMT)
- « Je n’avais jamais fait ça avant, je ne sais pas comment mon corps va réagir, mais je le ferai quoiqu’il arrive » a déclaré Hedy Epstein à l’Afp, assise sur une chaise entourée de centaines de manifestants devant le bâtiment des Nations Unies au Caire.
Les autorités égyptiennes ont déclaré qu’elles ne permettraient à aucun des 1300 manifestants qui sont venus de 42 pays en Egypte, de participer à la marche pour entrer dans la Bande de Gaza par le poste-frontière de Rafah, la seule entrée qui contourne Israël.
Des hauts fonctionnaires et des unités anti-émeutes ont été déployés sur le bord du Nil où est installé le bâtiment des Nations Unies et où des centaines de participants à la Marche pour la Liberté de Gaza ont demandé aux Nations Unies d’exercer leur médiation avec le gouvernement égyptien pour laisser leur convoi entrer dans Gaza.
- « Nous avons rencontré le coordinateur fixe des Nations Unies au caire, James Rawley et nous attendons une réponse » a dit le sénateur des Philippines, Walder Bello aux manifestants.
« Nous attendrons aussi longtemps qu’il le faudra » a-t-il dit.
Les manifestants qui portaient le T-shirt « Audacity of War Crimes « (le cynisme des crimes de guerre ») et « nous ne resterons pas silencieux » brandissaient un drapeau palestinien géant, tandis que d’autres chantaient, dansaient et criaient « Liberté pour Gaza » dans toutes les langues.
« Ils veulent mettre l’Egypte en porte à faux »
De leur côté, les organisateurs d’un autre convoi d’aide qui essayaient d’atteindre la Bande de Gaza sous blocus « Viva Palestina » conduite par George Galloway , député européen, ont déclaré qu’ils se dirigeront vers la Syrie lundi en route pour l’Egypte après s’être retrouvés coincés à Aqaba, le port jordanien de la Mer Rouge, pendant cinq jours.
La Turquie a envoyé un représentant dimanche pour tenter de convaincre les égyptiens de permettre à Viva Palestina de passer par le port de Nuweiba, port de la mer Rouge, la route la plus directe, mais l’Egypte a fait pression pour que le convoi puisse au moins entrer par El-Arish, sur sa côté méditerranéenne.
La Marche pour la Liberté de Gaza et Viva Palestina devaient arriver un an après la guerre d’Israël contre le Hamas, qui a tué 1400 palestiniens. Treize israéliens ont aussi trouvé la mort.
En même temps, au moins 300 participants français à la Marche pour la Liberté de Gaza ont passé la nuit à camper devant leur ambassade du Caire, provoquant un arrêt important dans la capitale, tandis que la police anti-émeute et portant des écrans de protection en plexiglass les encerclaient.
Le ministre des affaires étrangères Hossam Zaki a accusé les manifestants français de mentir et de chercher à mettre l’Egypte dans l’embarras.
« Ils ont dit qu’ils avaient de l’aide à apporter aux palestiniens dans la Bade de Gaza, ce qui est un mensonge », a souligné l’agence de presse MENA dans la bouche de Zaki.
« Ils veulent l’exposition médiatique pour faire pression et embarrasser l’Egypte » a-t-il dit.
Les organisateurs ont dit que Dimanche, la police avait brièvement arrêté 38 participants internationaux à El-Arish, une ville du Sinaï.
« Dans l’après midi, (10h GMT) le 27 décembre, les forces égyptiennes de sécurité ont arrêté une trentaine de militants dans leur hôtel d’El-Arish tandis qu’ils se préparaient à partir pour Gaza et les ont mis en détention. Ces délégués faisant tous partie des 1300 personnes de la Marche pour la Liberté de Gaza, étaient des espagnols, des français, des anglais, des américains et des japonais, dit une déclaration sur le website de l’association.
« Un autre groupe de 8 personnes, comprenant des citoyens, américains, anglais, espagnols, japonais et grecs, a été arrêté à la station de bus d’El-Arish dans l’après midi du 27 décembre » ont-ils dit.
Dimanche, la police égyptienne a aussi empêché quelques 200 manifestants de louer des bateaux sur le Nil pour une procession en commémoration de ceux qui sont morts dans la guerre de Gaza.
Le 31 décembre les participants espèrent atteindre les palestiniens « dans un défilé non violent depuis le nord de Gaza jusqu’à la frontière israélienne d’Erez », ont déclaré les organisateurs.
AFP - 28 décembre 2009
Traduction Carole SANDREL


Gaza : Roger Waters - PINK FLOYD - Solidaire

mardi 29 décembre 2009
Message de solidarité de Roger Waters avec THE GAZA FREEDOM MARCH
Je m’appelle Roger Waters. Je suis un musicien anglais vivant aux Etats-Unis. Je vous écris pour exprimer mon immense admiration et ma solidarité avec les 1360 hommes et femmes de 42 pays différents qui se réunissent en Egypte pour préparer la Marche pour la Liberté de Gaza.
Tous, nous avons observé, atterrés, l’attaque vicieuse faite il y a un an contre le peuple de Gaza par les forces armées israéliennes et le siège continu et illégal. Les ravages contre la population en souffrance de Gaza par non seulement l’invasion mais le siège sont inimaginables pour nous qui sommes hors ces murs.
Le but de la Marche pour la Liberté est d’attirer l’attention du monde entier sur la situation critique du peuple palestinien de Gaza dans l’espoir que les écailles vont tomber des yeux de tous, gens ordinaires, gens honnêtes, du monde entier, pour qu’ils puissent voir l’énormité des crimes qui ont été commis, et réclament à leur gouvernements de faire toutes les pressions possibles pour qu’Israël lève le siège.
J’utilise le mot « crime » en connaissance de cause, car et le siège et l’invasion ont été déclarés illégaux par l’ensemble des Nations Unies et les associations des droits de l’homme les plus importantes.
Si nous n’observons pas tous la loi internationale, si certains gouvernements se croient au-dessus d’elle, on est à deux doigts de sombres pas vers la barbarie et l’anarchie.
La Marche pour la Liberté de Gaza est un signal pour tous ceux d’entre nous qui croient que sous la peau, nous sommes tous frères et sœurs, qui devons nous tenir épaule contre épaule, si nous sommes prêts à faire un futur où tous aurons recours à la loi et aux droits de l ‘homme universels. Là où la vie, la liberté et la quête du bonheur ne sont pas que les chasses gardées de quelques uns. Tout le pétrole du Proche Orient ne vaut pas la vie d’un seul enfant.
Aussi à ceux d’entre vous qui marchez, je tire mon chapeau. Ce que vous faites est courageux et noble et quand vous aurez atteint votre but, s’il vous plait dites à nos frères et à nos sœurs palestiniens que nous, d’ici, loin des Murs de leur Prison, nous sommes des centaines de milliers qui sommes solidaires d’eux. Aujourd’hui des centaines de milliers, demain des millions, bientôt des centaines de millions. Nous triompherons.
Roger Waters

Traduction Carole SANDREL


dimanche 27 décembre 2009

Liu Xiaobo, martyr de l'émergence de la Chine?

11 ans de prison pour délit d'opinion



Ses critiques sont parfois acerbes, mais toujours extrêmement modérées dans l'action, jamais Liu Xiaobo n'a appelé au renversement du gouvernement. Admirateur de Vaclav Havel, il est convaincu qu'un intellectuel honnête doit avant tout  « vivre dans la vérité »,  et dénoncer les violations des droits de l'homme chaque fois qu'elles se produisent et quelle que soit la couche sociale à laquelle appartiennent leurs victimes. Comme Havel, il pense qu'une fois que le mensonge totalitaire a été dévoilé, le pouvoir n'en a plus pour longtemps. C'est sans doute la raison pour laquelle il n'a jamais tenté d'organiser d'actions clandestines, mais a toujours agi au grand jour.
Il ne faudrait pas croire que Liu Xiaobo est désespéré. Au contraire: cet analyste très fin de la politique chinoise n'a cessé de se féliciter du développement d'une société civile de plus en plus consciente, des progrès de l'information apportés par l'internet, et de la prise de conscience de leurs droits par les citoyens chinois. Il a lui-même contribué à populariser les combats des défenseurs des libertés, et ceux des simples citoyens qui se lèvent contre l'arbitraire. Il a souvent écrit que ces combats avaient déjà permis de rendre le régime beaucoup plus supportable, et l'avaient contraint à de nombreuses concessions, notamment la mention de la défense des droits de l'homme dans la constitution.
Depuis son intervention  pour éviter un bain de sang sur la place Tiananmen dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, il n'a cessé de plaider pour la non violence et la raison. Mais sa modération tactique ne l'empêche pas d'être intransigeant sur les principes: jamais il n'a reculé devant les risques que pouvaient lui faire encourir ses prises de position, et il n'a pas hésité à aller en prison à deux reprises pour défendre ses idées.
Cet intellectuel qui s'était fait connaître dans les années 1980 par ses dénonciations violentes du « confucianisme » des écrivains de la littérature de cicatrices, n'en est pas moins un moraliste. Alors qu'écrivains et chercheurs profitaient d'une sensible amélioration de leurs conditions de vie à partir du milieu des années 1990 et expliquaient que cette amélioration favoriserait leur indépendance de jugement, il n'a pas hésité à dénoncer la « philosophie du porc » que représentait cette attitude prétendument moderne, et la mettait en parallèle avec le courage des paysans qui s'élevaient contre les abus de pouvoir des cadres.
Liu Xiaobo a joué un rôle fondamental dans l'émergence de groupes de défense des droits de l'homme en Chine. Avant son arrestation en 1996 et plus encore depuis sa libération en 1999, il a été à l'origine d'innombrables pétitions dénonçant les violations des droits, soutenant les activistes de la société civile, remportant parfois des victoires impressionnantes comme la libération de Du Daobin, envoyé en prison pour avoir critiqué le secrétaire général du Parti Jiang Zemin et libéré à la suite d'une mobilisation sur le net. Dans un mouvement pour la démocratie éclaté entre les générations et les milieux, Liu Xiaobo jouit d'un respect universel. Il est également très connu à l'étranger en raison de la pertinence de ses analyses et de son courage.
En le condamnant à une si lourde peine, les autorités veulent faire un exemple. A l'inverse du proverbe chinois, elles « tuent le singe pour effrayer les poulets ». Soucieuses de maintenir à tout prix leur monopole sur le champ politique, elle n'hésitent pas à braver l'opinion internationale et intérieure pour effrayer les candidats à la critique.
Le jour du procès de Liu Xiaobo, des diplomates de quinze pays, des journalistes étrangers, mais surtout, des activistes chinois ont protesté contre la violation du droit que constituait un procès public auquel même son épouse s'est vu interdire l'accès. Liu Xiaobo n'a même pas pu lire tout le texte qu'il avait préparé pour sa défense, car il a sans cesse été interrompu par le juge. La plaidoirie de ses avocats n'a pas excédé quatorze minutes, et aucun témoin n'a pu venir déposer au tribunal. En somme, comme le disait Mo Shaoping, le directeur du cabinet d'avocats qui défend Liu auquel les autorités ont interdit d'assurer sa défense, « la Chine dispose de lois mais pas d'Etat de droit, elle a une Constitution mais pas de gouvernement constitutionnel ».. L'arrestation, la détention pendant six mois en prétendue résidence surveillée et le procès de Liu Xiaobo constituent des violations de la légalité de la République populaire. Or, on sait que toute cette affaire a été gérée au plus haut niveau. Ainsi le comité permanent du bureau politique du parti communiste chinois, qui prétend avoir instauré l'Etat de droit en Chine, montre avec cette condamnation qu'il est incapable de respecter sa propre légalité. Mais Hu Jintao et ses camarades feraient bien de se méfier. Le recours à la répression n'est pas toujours efficace. De l'avismême  de  nombreux auteurs de la Charte 08, c'est en raison de l'arrestation de Liu que l'an dernier, le texte a rencontré un tel succès dans la population.
A la veille de sa condamnation, 165  signataires du manifeste ont affirmé qu'ils étaient aussi coupable que Liu Xiaobo et demandé à être traité comme lui. La tactique d'intimidation sera-t-elle vraiment efficace? Ou au contraire, provoquera-t-elle une vague de protestations difficile à gérer pour des dirigeants soucieux de leur image « moderne »?
Si, sur le plan intérieur, cette lourde condamnation est un signe de la fragilité du pouvoir, elle montre que les dirigeants chinois se sentent de plus en plus sûrs d'eux sur la scène internationale.
On voit que l'ouverture sur le monde ne constitue pas une garantie de libéralisme: en annonçant le verdict le jour de Noël, les dirigeants chinois ont montré qu'ils connaissaient bien l'Occident. Ils savent bien que pendant la trêve des confiseurs, les journalistes comme les lecteurs ont bien d'autres chats à fouetter, et n'aiment pas gâcher la fête avec de mauvaises nouvelles. Comme c'est la troisième fois que des verdicts frappant des dissidents sont annoncés pendant cette période, on peut en conclure qu'il ne s'agit pas d'un hasard.
Mais surtout, en infligeant une condamnation si sévère pour un délit d'opinion, les dirigeants chinois annoncent au monde que les temps ont changé. A la différence de l'époque de Jiang Zemin, la Chine n'a plus besoin d'accorder aux Occidentaux des faveurs pour obtenir la clause de la nation la plus favorisée, ou pour entrer à l'OMC. Aujourd'hui, ce sont les puissances occidentales qui ont besoin d'elle, pour relancer l'économie à la suite de la crise, pour obtenir des parts du mirobolant marché chinois, pour faire pression sur l'Iran et la Corée du Nord, ou pour aboutir à un accord sur le réchauffement de la planète. Lors de sa première visite en Chine en novembre dernier, Barack Obama n'a pas soulevé publiquement le cas du plus fameux dissident du pays, ce qui a sans aucun doute été interprété comme une permission de condamner. François Fillon, en visite à Pékin à la veille du procès, a bien entendu gardé le silence. Les dirigeants du parti communiste chinois sont bien conscients de cette nouvelle situation et en profitent pour imposer de nouvelles normes dans les relations internationales. Ainsi, ils exercent des pressions sur les gouvernements qui reçoivent le Dalai Lama ou Rebyia Kadeer, et les menacent d'interdire le marché chinois à leurs entreprises. Ces menaces sont efficaces et depuis quelques années, on assiste à un retour en force du réalisme dans les relations entre états tandis que la question des droits de l'homme est de plus en plus ignorée. Soutenue par de nombreux pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, sans compter la Russie, la Chine parvient de plus en plus à imposer de nouvelles normes qui font la part belle à la souveraineté nationale et relèguent à l'arrière plan les progrès qui avaient été faits depuis la fin de la guerre froide.
Ne nous y trompons pas, la lourde condamnation qui vient de frapper Liu Xiaobo nous concerne tous. Accepterons-nous, pour « engager » les dirigeants du parti communiste chinois, de revenir sur nos principes et d'accepter le retour de la loi de la jungle dans les relations internationales?